Patrick Biraud, sauver ou périr

Photographie : Camille Noyon - Texte : Julien Damon
BAT - Patrick Biraud

Voix de stentor, physique de lutteur, caractère bien trempé, gueule de sapeur : Patrick Biraud est pompier avant tout. Pompier volontaire, comme son père, comme son grand-père avant lui.

Entré comme sapeur à la brigade de Chantilly à l’âge de seize ans, il a passé les échelons, est devenu caporal, puis adjudant-chef et vient de prendre sa retraite avec le grade de lieutenant honoraire, tout en restant porte-drapeau du centre de secours de Senlis.

Les grades franchis un par un font gagner en responsabilité mais, plus que la fierté d’une remise de médaille, c’est la satisfaction du service rendu qui motive Patrick Biraud. Être pompier c’est porter secours aux autres, s’engager quotidiennement pour aller sauver des vies. A Senlis, c’est bien souvent – trop souvent – intervenir sur l’autoroute A1 pour tenter de sauver les victimes de carambolages, parfois très grièvement blessées, parfois encore des enfants. Engagé sur les fronts difficiles des accidents de la route et des accidents de la vie, envoyé par trois fois en renfort dans le Gard pour combattre ces incendies de forêt qui ponctuent les étés les plus chauds, le porte-drapeau Biraud parle d’expériences douloureuses auxquelles on ne s’habitue pas, mais que la force de l’engagement, l’entraînement et la discipline de pompier permettent de surmonter.

Au-delà de ces moments graves, le métier de pompier procure de grandes joies : ainsi lorsque cette jeune fille, estimée perdue après un accident de voiture et finalement guérie, est venue rendre visite à la caserne pour remercier ses sauveteurs. Être pompier c’est aussi la camaraderie, les fous rires et les rituels partagés où l’on célèbre l’amitié, l’esprit de corps et l’engagement physique : comme la traversée de l’Oise à la nage chaque mois de décembre.

Patrick Biraud est pompier jusque dans sa maison. Il y a rassemblé une fantastique collection de casques, médailles et figurines : près de quatre cents voitures et camions de pompier miniatures. Il est aussi pompier jusque dans la peau : en témoigne un tatouage au bras au motif de l’institution.

Ces valeurs qui animent sa vocation de pompier, Patrick Biraud les fait vivre aussi dans son travail : il est responsable du service de propreté de la ville de Chantilly et met un point d’honneur à ce que les rues soient propres et accueillantes. Il les apporte également à de multiples engagements bénévoles, notamment au service du Téléthon.

Pour l’avenir, Patrick Biraud fait peu de projets pour lui-même mais regarde avec tendresse grandir les deux petits-fils que ses filles lui ont donnés et se dit que peut-être l’un deux reprendra le flambeau familial et deviendra un jour, qui sait, pompier à son tour.

Themes :