Sophie Reynal, côté finance et côté combats

Photographie : Camille Noyon - Texte : Julien Damon
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2008 c’est l’année où Sophie Reynal a créé sa société, Allia Finance, spécialisée dans le conseil en fusion-acquisition, autrement dit l’appui apporté à des entreprises pour développer leur activité en rachetant des sociétés concurrentes ou complémentaires. Il faut pour cela un bon coup d’œil stratégique, afin de comprendre finement les métiers et les marchés et anticiper leurs évolutions ; une solide technicité financière et comptable pour savoir évaluer le juste prix et imaginer les montages qui permettront de financer les opérations ; enfin un vrai talent de négociation pour faire converger des intérêts parfois contraires.

Mais 2008 c’est aussi l’année du grand ébranlement de la finance mondiale, l’année où la crise des subprimes venue d’Amérique a fait trembler les établissements bancaires les plus solides, conduit les plus fragiles à la faillite et contraint les autres à réduire leurs activités et leurs effectifs.

Alors rétrospectivement, on se dit qu’il fallait avoir le cœur bien accroché pour se lancer à l’aventure en solo, précisément à ce moment-là, alors que la tempête faisait rage.

Pourtant, Sophie Reynal ne voit pas les choses ainsi. Elle explique avec sérénité qu’après quinze ans d’expérience dans les établissements les plus renommés à Paris, à Londres et à New York, elle avait acquis les savoir-faire nécessaires, la « boîte à outils » du financier, et que le temps était venu pour elle de pratiquer le métier autrement.

Aussi risqué qu’ait été ce pari, Sophie Reynal se réjouit de l’avoir tenté. Elle conseille désormais des entreprises certes plus petites qu’autrefois, mais surtout elle conseille des hommes et des femmes qui décident. Pas ceux qui instruisent les dossiers, mais ceux qui prennent in fine la décision d’y aller ou pas. Souvent fondateurs ou propriétaires de l’entreprise qu’ils dirigent, ils engagent dans leur décision bien plus qu’un intérêt financier : l’accomplissement d’un projet, d’une vision du monde.

Tout est affaire de tempérament. Sophie Reynal aime le rugby – par dessus tout, en fidèle Corrézienne, le club de Brive-la-Gaillarde qu’elle encourage sans faillir. Elle aime l’énergie, la loyauté et la combativité qui caractérisent ce sport. Il suffit pour s’en convaincre de lire son fil Twitter, suivi par plus de six mille abonnés, sur lequel elle bataille fermement pour soutenir les valeurs auxquelles elle croit : l’égalité entre les hommes et les femmes, la démocratie, la laïcité, la liberté d’entreprendre. Des valeurs qu’elle ne défend pas seulement en paroles, mais aussi en actes, en s’engageant comme mentor de jeunes entrepreneurs dans diverses pépinières de start-ups, comme présidente, pendant plusieurs années, d’ « HEC au féminin », la commission de l’association des diplômés d’HEC qui œuvre pour le développement professionnel des femmes, ou encore comme élue locale.

Somme toute, de la finance à la démocratie locale, c’est une même philosophie qui anime Sophie Reynal : se forger des convictions grâce à la maîtrise technique des dossiers; puis les promouvoir avec ténacité, comme on pratiquerait un sport de combat.

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